| La vie me parait belle... |
[Sep. 13th, 2006|01:46 am] |
Hier, j'ai marché dans ma rue. Oh, pas longtemps. Mais assez pour la croiser. Elle, la laidrone, la mocheté. Paradoxallement, elle m'a fait rappeller à quel point j'étais beau.
Hier, j'ai marché dans ma rue. Oh, pas longtemps. Mais assez pour le voir. Lui, le chien, chiant sur le trottoir. Paradoxallement, il m'a rappelé à quel point je n'avais pas faim.
Hier, j'ai marché dans ma rue. Oh, pas longtemps. Mais assez pour l'observer. Lui, le riche, avec sa porsch. Paradoxallement, il m'a rappelé à quel point j'étais chômeur.
Hier, j'ai marché dans ma rue. Oh, pas longtemps. Mais assez pour le remarquer. Lui, le parcmètre, le taxeur. Paradoxallement, il m'a rappelé à quel point je n'avais pas de voiture.
Hier, j'ai marché dans ma rue. Oh, pas longtemps. Mais assez pour la distinguer. Elle, l'affiche, de Sarko. Paradoxallement, elle m'a rappelé à quel point j'étais de gauche.
Hier, j'ai marché dans ma rue. Oh, pas longtemps. Mais assez pour l'entrevoir. Lui, le string, la ficelle au dessus du jean. Paradoxallement, elle m'a rappelé à quel point mes couilles pesaient lourd.
Hier, j'ai marché dans ma rue. Oh, pas longtemps. Mais assez pour l'apercevoir. Lui, l'accidenté, le renversé. Paradoxallement, il m'a rappelé à quel point j'étais vivant.
Hier, j'ai marché dans ma rue. Oh, pas longtemps. Mais assez pour le dévisager. Lui, le raciste, le xénophobe. Paradoxallement, il m'a rappelé à quel point j'étais étranger.
Hier, j'ai marché dans ma rue. Oh, pas longtemps. Mais assez pour la contempler. Elle, la plante, la fleur du rond-point. Paradoxallement, elle m'a rappelé à quel point je n'étais pas jardinier. |
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